Dakar, l’Ineffable


Après Dakar Émoi dont l’ambition était de saisir la ville dans son évolution, dans lequel des auteurs ainsi que de grandes signatures de la photo ont livré leur perception sur leur ville, nous avons le plaisir de vous présenter Dakar, l’ineffable raconté.

Cet ouvrage fait partie d’une série de productions artistiques se proposant de présenter la ville de Dakar sous ses aspects les plus surprenants et les plus méconnus. Le premier livre donne la parole aux photo- graphes, aux écrivains, aux membres du mouvement hip hop, aux habitants de la ville ou à ses hôtes de passage. Ce deuxième Livre se propose de dévoiler certains mythes et secrets de Dakar. Derrière les aspects de la ville moderne gît une histoire fabuleuse. Dans ce Finistère africain s’est organisée très tôt une vie scandée par les travaux champêtres et les sorties en mer, cette mer habitée par des génies qui viennent parfois hanter les lieux humains. Il existerait dans la mer une ville hors du temps, une ville de rochers.

Organisée autour de villages traditionnels Lebu, Dakar a connu très tôt une expansion exigée par le fait colonial mais parfois commandée par des phénomènes d’un autre ordre, comme l’épidémie de peste qui rejeta des populations autochtones hors de ce qui allait devenir le centre ville. Cette ville de remous a pris la place de Saint-louis comme capitale de l’Afrique Occidentale française; on dit que derrière ce transfert il fallait voir le projet d’étouffer la velléité d’indépendance des Lebu du Cap Vert.

Ceux qui y arrivaient par vagues y trouvaient un asile économique mais comptaient dans leurs rangs des candidats au voyage clandestin dans les cales des navires mais aussi des bandits de grand chemin aux yeux de l’administration coloniale, des héros populaires, des saltimbanques ou des rats du Port. Dakar devint vite un point de ralliement des cultures du monde entier. La naissance et l’évolution rapide de la ville moderne donna naissance à des personnages atypiques qui contribuèrent à l’animation parfois mystique de cette ville

Ce port fut un lieu crucial de la Deuxième Guerre mondiale lorsque le Général De Gaulle se proposa d’en faire un point de départ vers les bases allemandes à qu’il venait de déclarer une Résistance. Dans le lan- gage populaire cette séquence historique est restée sous l’appellation des « Balles de Dakar ».

Cette parenthèse douloureuse s’ouvrit au milieu des flonflons, quand la ville vivait au rythme de Paris, de la musique américaine et du chachacha. Dakar était la ville carrefour où se liaient des destins venus de tous les coins du monde. Des populations entières qui devaient juste y faire escale y fondèrent des quartiers qui sont aujourd’hui des aires intégrées aux vieux murs de la Capitale. Cette ville fut chantée sous les airs du « Dakar Punto final » par l ‘immense Orchestra Broadway de l’époque.

Dakar fut également, sur la fameuse Place Protêt, le lieu de proclamation de l’indépendance du Sénégal, sur les marches de la Chambre de Commerce que Sembène Ousmane utilisa dans Xala comme symbole du capitalisme néocolonial. Ce Dakar était déjà éloigné de la Ville aux Flamboyants qu’on voit dans d’au- tres films. Elle devenait déjà la « Contrast City » que Djibril Diop Mambéty mettra en images.

Idée originale: Ghaël Samb Sall
édition sous la direction de: Ghaël Samb Sall
Coordination éditoriale: Vydia Tamby
Textes: Oumar Ndao
Photographies: Djibril Sy
Traduit par: Adama Sidibé
Photographie pêle-mêle: Jacky Ly
Direction artistique: _nkx
Maquette et mise en page intérieure et couverture: _nkx
Avec la participation de Olivier Lopes

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